lundi, septembre 11, 2006

OMBRES DE SILENCE

Sortie du silence de la mer,
Une rose a fleuri ma tombe.
Le vent efface la trace de mes pas ;
je meurs encore.

Des vagues, jaillit le diamant,
pourtant je pleure
sur les souffrances passées.
Il faut mourir, frère !

Sans finpour renaître toujours.
Où meurent les mots, naît la vie.
Près du cyprèschante une source.
Frère, ne pleure plus !
Médite ce mystère :
ceci est l’Homme,
l’Homme est Ceci.

L’eau qui ruisselle
sur tes mains,
sur ton corpsemporte tes larmes.
Ne soit pas triste !

La mort n’est pas la dernière porte
,mais la première,vers le Sans-Nom.
Ne cherche plus !
Et le mystère - sans doute - se révélera.

Ciel sans oiseaux,
terre sans fleurs,
paradis déserté,enfer sans flammes.

N’ai-je vécu que pour voir cela ?
Ce gouffre sera-t-il ma tombe ?
Nous ne sommes pas maudits,
nous sommes oubliés.

Délaissant les cieux agités,
les oiseaux - muets,
regagnent la forêt.
Le vent aussiinterrompt sa course folle
laissant à l’abandon
moulins et nuages.

Puis le soleilsuspendu - inutiled’un coup,
cesse d’égrener les heures.
Au fond de la vallée,
plus seul que le loup,
attend le pèlerin.

En sa chair que mutila le long voyage
se fanent les désirs.
Aux lèvres plissées
pend l’amertume - le chagrinde tant de tromperies.

Feux éteints du regardoù passent - troubles,
des lambeaux d’espoirs
partis fil à fil.

Oseras-tu, pèlerin,
avant ta mort prochaine,
l’ultime blasphème ?
Oseras-tu
d’un motd’un gesterenierl'infâme comédie ?

Et ne vouloir
désormais
que le silence ?
Si demainou ce soir
je plonge dans le grand silence,
u'aurais-je perdu ?

Sinon des rêves...

Gilbert Anken