mardi, mai 30, 2006

L'amour ne disparaît jamais..........

L'amour ne disparaît jamais,
la mort n'est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce à coté,
je suis moi, tu es toi.
Ce que nous étions l'un pour l'autre
nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom
que tu m'as toujours donné.
Parle-moi comme tu l'as toujours fait.
N'emploie pas un ton différent,
ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire
de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie, souris, pense à moi.
Prie pour moi,
que mon nom soit prononcé
à la maison, comme il l'a toujours été,
sans emphase d'aucune sorte,
sans trace d'ombre.
La vie signifie tout,
ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est tout ce qu'elle à toujours été.
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée
simplement parce que je suis hors de ta vie ...
Je t'attends, je ne suis pas loin,
juste de l'autre côté du chemin.
Tu vois tout est bien

Henri SCOTT

COMME UN BATEAU QUI S'EN VA

Voici que je me tiens sur le rivage de la mer.
Un navire appareille.
Il déploie ses voiles blanches à la brise du matin
et cingle vers l'océan.
C'est là un objet de beauté, et je restais à le regarder
jusqu'à ce qu'enfin, ils'efface à l'horizon,
et que quelqu'un à mes cotés dise :
"Il est parti".
Parti où ? Parti de ma vue, c'est tout.
Il garde la même taille, m^ts, bastingages, et coque,
que lorsque je le voyais, et il est tout aussi capable
de porter son fardeau et son fret vivant à sa destination.
Qu'il diminue, qu'il echappe totalement à ma vue,
voilà qui est en moi, pas en lui;
et juste au moment où quelqu'un dit à mes côtés:
"Il est parti", voici que d'autres le regardent venir
et d'autres voix s'élèvent,
"Le voici, il vient " .
C'est cela qu'on appelle mourir .

William BLAKE
Transmis par Angéla

Sortie du silence de la mer,
une rose a fleuri ma tombe.

Le vent efface la trace de mes pas ;
je meurs encore.

Des vagues, jaillit le diamant,
pourtant je pleure sur les souffrances passées.

Il faut mourir, frère !
ans fin pour renaître toujours.
Où meurent les mots,
naît la vie.

Près du cyprès chante une source.
Frère, ne pleure plus !
Médite ce mystère :
ceci est l’Homme,
l’Homme est Ceci.


L’eau qui ruisselle
sur tes mains, sur ton corps
emporte tes larmes.


Ne soit pas triste !
La mort n’est pas la dernière porte,
mais la première,vers le Sans-Nom.

Ne cherche plus !
Et le mystère - sans doute - se révélera.

Ciel sans oiseaux,
terre sans fleurs,
paradis déserté,
enfer sans flammes.
N’ai-je vécu que pour voir cela ?
Ce gouffre sera-t-il ma tombe ?
Nous ne sommes pas maudits,
nous sommes oubliés.
Délaissant les cieux agités,
les oiseaux - muets,regagnent la forêt.

Le vent aussi interrompt sa course folle laissant à l’abandon
moulins et nuages.

Puis le soleil suspendu – inutile d’un coup,
cesse d’égrener les heures.

Au fond de la vallée,
plus seul que le loup,
attend le pèlerin.

En sa chair que mutila le long voyage se fanent les désirs.
Aux lèvres plissées pend l’amertume -
le chagrin de tant de tromperies.

Feux éteints du regard où passent - troubles,
des lambeaux d’espoirs partis fil à fil.

Oseras-tu, pèlerin,
avant ta mort prochaine,
l’ultime blasphème ?

Oseras-tu
d’un mot
d’un geste renier l'infâme comédie ?

Et ne vouloir désormais que le silence ?
Si demain ou ce soir je plonge dans le grand silence,
qu'aurais-je perdu ?

Sinon des rêves...

Gilbert Anken